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Lac du Mont Cenis (1974m)

Haute-Maurienne

Savoie

 

Latitude  45° 14' 17'' N
Longitude 6° 55' 45'' E
Altitude 1 974 m

 

Agrandir la carte IGN d’après le site GÉOPORTAIL https://www.geoportail.gouv.fr



  Itinéraires d'accès au lac

DIRECTEMENT ACCESSIBLE EN VOITURE

      Le lac du Mont-Cenis (1 974 m) se situe dans le massif du Mont-Cenis, sur la commune de Val-Cenis (Haute-Maurienne, Savoie) (carte). Le tour du lac à pied nécessite 5 H de marche.

      L'accès routier au lac du Mont-Cenis (1 974 m) peut se faire depuis Val-Cenis (accès routier n°1), Bessans (accès routier n°2) ou Modane (accès routier n°3), par exemple.
 

 

  Contexte géologique du lac

      Avant 1970, sur le versant SUD-EST du col du Mont Cenis (2 081 m), un petit lac naturel occupait une dépression qui fut mise à profit par la création du lac de retenue d’un barrage EDF. Cette dépression a été creusée en grande partie dans une lame de gypses"Du latin «gypsum», pierre à plâtre, gypse, le gypse est du sulfate de calcium cristallisé, qui s'est formé par "précipitation" dans des eaux marines très peu profondes et surchargées en sels, sortes de marais salants naturels.
Dans les Alpes françaises, le gypse s'est principalement déposé au Trias supérieur. Les gypses sont très solubles sous l'action des eaux météoriques : formation de cavités, d'entonnoirs de dissolution..."
et de cargneules du Trias (entre -252 et -201 millions d'années), qui traverse la cuvette du lac du Mont-Cenis (1 974 m) selon un axe grosso modo EST → OUEST. De part et d’autre de cette bande, c'est-à-dire sur les rivages NORD et SUD, se trouvent des schistes lustrés"Les Schistes lustrés se sont formés à partir de sédiments calcaires argileux, non-purs. Déposés au fond de l’océan, ces sédiments ont subit un métamorphisme et présentent ainsi une patine luisante." du Crétacé inférieur (entre -146 et -100 millions d'années).

      Ces schistes lustrés"Les Schistes lustrés se sont formés à partir de sédiments calcaires argileux, non-purs. Déposés au fond de l’océan, ces sédiments ont subit un métamorphisme et présentent ainsi une patine luisante." témoignent de la présence du fond de l'océan Téthys ligure ou océan liguro-piémontais; un océan profond de 3 000 m, il y a 150 millions d'années. Sur le plancher de cet océan"La croûte océanique est composée de basaltes, de gabbros et parfois de serpentinites. Plus lourde que la croûte continentale, sa densité est comprise entre 2,9 et 3. Son épaisseur varie entre 1 et 10 km.", constitué d'ophiolites"(du grec ophis, serpent: associations de roches [essentiellement gabbro, serpentine, basalte] ayant la texture d'écailles de serpent)." (association de serpentine"La serpentine ne constitue pas un minéral unique: c'est un ensemble de minéraux qui ont été regroupés sous ce nom général. Les serpentines résultent de l'hydratation de l'olivine, qui est un des minéraux composant la péridotite. La péridotite est la roche qui constitue la majeure partie du manteau terrestre. Lorsque la péridotite subit un métamorphisme avec hydratation, elle se transforme en une roche métamorphique nommée serpentinite. Les réactions chimiques qui transforment le minéral d'olivine en minéraux de serpentine, et de ce fait la roche de péridotite en roche de serpentinite, portent le nom de serpentinisation. La serpentinisation d'une péridotite donne une serpentinite.", de gabbro"Constituant principal de la couche inférieure de la croûte océanique, le gabbro est une roche issue de la fusion partielle de la péridotite mantellique au niveau d'une dorsale océanique, tout comme le basalte. Mais contrairement à cette roche sortie rapidement de la dorsale, le gabbro a subi un refroidissement lent en profondeur. Ainsi, bien que de même composition, gabbro et basalte diffèrent. Le gabbro, dont la cristallisation est complète, est une roche plutonique. Le basalte dont le refroidissement a été rapide et la cristallisation incomplète est une roche volcanique." et de basalte"Roche volcanique issus de la fusion partielle des péridotites du manteau, le basalte est un des constituants des ophiolites et de la croûte océanique." essentiellement), différentes sortes de sédiments se déposaient. Parmi eux se trouvaient des argiles"Du latin «argilla», argile, l'argile désigne une famille de minéraux, les silicates SiO4, ou une particule dont la granulométrie (dimension) est inférieure à 4 microns.". Lorsque l'océan qui s'était ouvert, il y a plus de 200 millions d'années (Jurassique), a commencé à se refermer, il y a 80 millions d'années, puis a disparu totalement par subduction"La subduction (latin subductio, action de tirer sur le rivage) est le processus par lequel une plaque tectonique s'incurve et plonge sous une autre plaque. Si c'est une plaque océanique qui disparait sous une plaque continentale, alors elle s'enfoncera jusqu'au manteau. Si c'est une plaque continentale qui est subduite sous une autre plaque continentale, alors il y aura arrêt de la subduction, collision continental, chevauchement, augmentation de l'épaisseur de la croûte et formation d'une chaîne de montagnes (orogénèse)." de sa lithosphère"La lithosphère (du grec lithos, pierre et sphaera, sphère) désigne l'enveloppe rigide et externe de la Terre. Avec une épaisseur de 100 km, elle comprend la croûte terrestre et une partie du manteau supérieur. Elle se subdivise en plaques qui se déplacent les unes par rapport aux autres. La lithosphère, rigide, repose directement sur l'asthénosphère, solide mais ductile.", il y a 65 millions d'années (Crétacé), ces argiles"Du latin «argilla», argile, l'argile désigne une famille de minéraux, les silicates SiO4, ou une particule dont la granulométrie (dimension) est inférieure à 4 microns." se sont enfoncées sous le continent africain, où la majeure partie a été engloutie à jamais dans les profondeurs de l'asthénosphère"L'asthénosphère (du grec: astheneia, sans force, sans résistance et sphaera, sphère) est une partie "sans force", "sans résistance", c'est à dire ductile, du manteau terrestre. Elle se situe juste sous la lithosphère et se prolonge jusqu'au manteau inférieur. Elle commence à l'isotherme 1350°C, vers 100 km de profondeur, où la température est nécessaire et suffisante pour rendre ductile les péridotites qui la composent. Elle s'achève vers 660 km au-dessous de la surface de la Terre, où la température atteint 1630°C. Par la présence de ce gradient thermique et des températures supérieures ou égales à 1350°C, l'asthénosphère est animée de lents courants de convection, associés aux mouvements des plaques de la lithosphère.". Seule une petite partie a pu plonger jusqu’à 50 km au-dessous de la surface terrestre avant d’être exhumée, puis déformée, plissée, charriée"Le charriage est un mouvement tectonique qui transporte de grands ensembles de roches au-dessus d'une autre masse rocheuse, sur plusieurs dizaines ou centaines de kilomètres." sur la marge continentale"Une marge continentale est une bordure immergée d'un continent. Elle est constituée de lithosphère continentale en contact avec de la lithosphère océanique. On distingue les marges continentales passives dues à une rupture de la lithosphère continentale par arrachement (processus de rifting et d'océanisation) et les marges continentales actives dues à une subduction de la lithosphère océanique sous la lithosphère continentale." européenne durant la collision Europe-Afrique. Avec les fortes températures et pressions qui règnent à ces profondeurs, ces roches ont subi un métamorphisme""Le métamorphisme (du grec metá , au-delà, après et morphế ,forme) désigne l'ensemble des transformations subies par une roche (sédimentaire, magmatique ou métamorphique) sous l'effet de modifications des conditions de température, de pression, de la nature des fluides et, parfois, de la composition chimique de la roche. Ces transformations, qui peuvent être minéralogiques, texturales, chimiques ou encore structurales, amènent à une réorganisation des éléments dans la roche et à une recristallisation des minéraux à l'état solide." Christian Nicollet (2010) « Métamorphisme et géodynamique », Paris, Dunod, coll. « Sciences Sup »,‎ février 2010" : en se mêlant à d'autres roches, notamment des ophiolites"(du grec ophis, serpent: associations de roches [essentiellement gabbro, serpentine, basalte] ayant la texture d'écailles de serpent).", ces argiles"Du latin «argilla», argile, l'argile désigne une famille de minéraux, les silicates SiO4, ou une particule dont la granulométrie (dimension) est inférieure à 4 microns." sont devenues des schistes lustrés"Les Schistes lustrés se sont formés à partir de sédiments calcaires argileux, non-purs. Déposés au fond de l’océan, ces sédiments ont subit un métamorphisme et présentent ainsi une patine luisante.".

      Ce sont sur les schistes lustrés"Les Schistes lustrés se sont formés à partir de sédiments calcaires argileux, non-purs. Déposés au fond de l’océan, ces sédiments ont subit un métamorphisme et présentent ainsi une patine luisante." du rivage SUD du lac du Mont Cenis que le barrage a été construit.
 

  N°1 d’après le site GEOL-ALP www.geol-alp.com de Maurice GIDON, Copyright ©

 

  Contexte écologique du massif du Mont Cenis

      Au SUD du massif de la Vanoise et à proximité de la frontière franco-italienne, le massif du Mont Cenis est un élément des Alpes internes, à la charnière entre les Alpes du NORD et du SUD. Bien que de type montagnard continental plutôt sec et lumineux, le climat de ce secteur subit l’apport de masses d’air humide en provenance de l’Adriatique. Celles-ci remontent la plaine du Pô et la Lombardie vers les reliefs du Piémont et de la frontière franco-italienne où elles se refroidissent. La condensation qui s’ensuit provoque des précipitations abondantes dans les hautes vallées du Piémont, ainsi que sur le massif du Mont Cenis. Ces pluies entretiennent une certaine humidité qui contribue à l’enrichissement biologique de cette zone naturelle. (1) (2)

      Ainsi, le Mont Cenis détient la flore la plus remarquable en Rhône-Alpes, ce qui en fait un haut-lieu de randonnées naturalistes. Inféodée aux climats froids "arctico-alpins", cette flore est d'une grande diversité, connue de longue date et décrite depuis le XVIème siècle ! Ce site fait l'objet d'un arrêté préfectoral de protection de biotope depuis 1991. Il faut espérer une fréquentation touristique responsable, qui n'affecte pas à terme ce patrimoine naturel irremplaçable. (1) (2)

      Les gazons à composition floristique typique de certains marais calcaires d'altitude comprennent :
- la Laîche bicolore (Carex bicolor All., 1785),
- la Kobrésie simple (Carex bipartita Bellardi ex All., 1785),
- la Laîche maritime (Carex maritima Gunnerus, 1772),
- le Jonc arctique (Juncus arcticus Willd., 1799),
- la Tofieldie naine (Tofieldia pusilla (Michx.) Pers., 1805).

      Certaines espèces de plantes à fleurs ont été décrites pour la première fois au Mont Cenis et lui doivent leur nom, comme :
- la Campanule du Mont Cenis (Campanula cenisia L., 1763),
- la Koelérie du Mont Cenis (Koeleria cenisia Reut. ex E.Rev., 1873),
- la Violette du Mont Cenis (Viola cenisia L., 1763).

      Une espèce végétale, décrite dans les régions boréales, mais inconnue dans les Alpes, a été identifiée pour la première fois, en 2004, dans la Combe de Cléry :
- la Laîche des glaciers (Carex glacialis).

      On trouve aussi dans le massif du Mont Cenis, des espèces endémiques"L'endémisme, du grec éndêmos, indigène, caractérise la présence naturelle d'un groupe biologique exclusivement dans une région géographique délimitée." propres aux :
- Alpes occidentales :
   - l'Alysson Alpestre (Alyssum alpestre L., 1767),
- Alpes internes :
   - la Violette du Mont Cenis (Viola cenisia L., 1763),
   - le Saxifrage de Vaud (Saxifraga valdensis),
   - la Primevère du Piémont (Primula pedemontana),
- Alpes méridionales :
   - l'Achillée Dauphinelle douteuse ou Dauphinelle élevée (Delphinium dubium),
- Alpes italiennes :
   - la Valériane celte (Valeriana celtica L., 1753),
   - le Silène du Valais (Silene vallesia),
   - le Séneçon de Haller (Jacobaea uniflora (All.) Veldkamp, 2006 = Senecio halleri Dandy, 1970),
   - le Saxifrage tronquée (Saxifraga retusa Gouan, 1773),
   - le Saponaire jaune (Saponaria lutea L., 1762), plante très rare, dont le massif constitue l'unique station en France,
   - la Cardamine à feuilles d'asaret (Cardamine asarifolia L., 1753).

      Le massif accueille également une faune très représentative de la haute montagne :
- le Bouquetin des Alpes (Capra ibex), Caprin dont les populations locales sont issues de réintroductions,
- le Chamois (Rupicapra rupicapra),
- l'Aigle royal (Aquila chrysaetos),
- la Perdrix bartavelle (Alectoris graeca), Galliforme méridional de montagne recherchant les versants ouverts et ensoleillés avec des barres rocheuses,
- le Tétras lyre (Tetrao tetrix), Galliforme remarquable, emblématique des Alpes,
- le Lagopède alpin (Lagopus mutus), Galliforme remarquable, d'origine arctique, relique de l'époque glaciaire dans les Alpes, où il occupe les reliefs de croupes et de crêtes, fréquemment enneigés et balayés par le vent. (1) (2)

      Inventaire de la faune et de la flore : INPN n°1 et INPN n°2
 

  N°1 d’après le site INPN - Inventaire National du Patrimoine Naturel inpn.mnhn.fr, Copyright ©

  N°2 d’après le site INPN - Inventaire National du Patrimoine Naturel inpn.mnhn.fr, Copyright ©

 

 

Photo n°19920801
Lac du Mont Cenis (1974m) (Savoie)
Cliché Serge SOYEZ
Copyright Reproduction interdite sans autorisation
Vue NORD-OUEST sur le Petit Signal du Mont Cenis (3162m)

 

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