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Contexte
géologique
du lac Les massifs cristallins sont formés d'un
soubassement, le "socle cristallin", surmonté d'une "couverture
sédimentaire" (ou pas si cette dernière a disparu sous l'effet de
l'érosion !). (En
savoir plus)
Le "socle cristallin" des massifs cristallins, est formé d'un
assemblage de cristaux"Du grec krústallos « glace », et du latin crystallus « eau congelée, glace », un cristal est un solide possédant une
structure organisée grâce à un motif répétitif (par opposition à amorphe = non cristallisé)." (d'où le terme "cristallin"). Les minéraux"Un minéral est un cristal possédant une formule chimique déterminée et une structure organisée grâce à un motif répétitif." qui y
sont cristallisés ne se forment que dans les profondeurs de la croûte terrestre"Du latin crusta « ce qui enveloppe, ce qui recouvre; notamment en parlant du pain, d'une plaie », la croûte terrestre constitue l'enveloppe externe de la Terre. On distingue deux types :
- La croûte continentale est composée de granites (micaschistes, gneiss, granites).
- La croûte océanique, aussi nommé plancher océanique, est composée de basaltes, de gabbros et de serpentinites.",
dans des conditions de températures et de pressions considérablement
élevées. Les roches qui forment ce "socle cristallin" ont deux
origines : (En
savoir plus)
- soit elles proviennent de la croûte"Du latin crusta « ce qui enveloppe, ce qui recouvre; notamment en parlant du pain, d'une plaie », la croûte terrestre constitue l'enveloppe externe de la Terre. On distingue deux types :
- La croûte continentale est composée de granites (micaschistes, gneiss, granites).
- La croûte océanique, aussi nommé plancher océanique, est composée de basaltes, de gabbros et de serpentinites." elle-même, d'où elles ont plongé en
direction du manteau"Le manteau est la couche concentrique située entre la croûte et le noyau de la Terre." et ont ainsi subi un métamorphisme"Le métamorphisme (du grec metá, au-delà, après et morphế, forme) désigne
"l'ensemble des transformations subies par une roche (sédimentaire, magmatique ou métamorphique) sous l'effet de modifications des conditions de température, de pression, de la nature des fluides et, parfois, de la composition chimique de la roche. Ces transformations, qui peuvent être minéralogiques, texturales, chimiques ou encore structurales, amènent à une réorganisation des éléments dans la roche et à une recristallisation des minéraux à l'état solide."
Christian Nicollet (2010) « Métamorphisme et géodynamique », Paris, Dunod, coll. « Sciences Sup», février 2010.
Les minéraux, nouvellement formés, s’orientent en fonction des contraintes imposées par la température et la pression élevées, ce qui confère à la roche une disposition en feuillets juxtaposés caractéristiques.
Les roches métamorphiques présentent ainsi une texture orientée dans le sens du feuilletage due à la recristallisation (apparition de minéraux nouveaux dits minéraux de métamorphisme). Cette texture orientée n'existe pas dans les roches plutoniques." (cristallisation ou
recristallisation À L'ÉTAT SOLIDE par métamorphisme) ; c'est le cas de la plupart des
roches qui constituent ce socle, ce sont des ROCHES MÉTAMORPHIQUES ;
- soit elles proviennent du manteau"Le manteau est la couche concentrique située entre la croûte et le noyau de la Terre.", d'où elles sont remontées :
- très lentement, sans atteindre la surface, sous la forme de plutons"Du nom du dieu des Enfers, dans la mythologie grecque, le pluton est le devenir d'un magma piégé dans les profondeurs de la croûte terrestre, alors même qu'il montait vers la surface, à travers les roches qui le recouvrait. Ce magma a subit un refroidissement lent conduisant à la formation de granite, type même de la roche "intrusive". Les plutons n'apparaissent en surface que suite à des processus d'érosion : ils forment alors des massifs en coupole, constitués de granite." de granite"De l'italien granito, « qui a une structure granuleuse », les granites sont des roches claires, en général, se caractérisant chimiquement par une relative pauvreté en calcium et magnésium et une richesse en silice. Type même de la roche intrusive ou plutonique, les granites sont composés de minéraux de quartz (silice pure), de feldspaths (silice et alumine) et de micas (Biotite, couleur noir ou Muscovite, couleur blanche)."; ce sont des
ROCHES PLUTONIQUES"Les roches plutoniques (ou intrusives) se forment lors du refroidissement d'un magma en profondeur. La lenteur du processus (jusqu'à plusieurs dizaines de milliers d'années) permet aux roches de cristalliser. Ces roches sont généralement
grenues, et constituées de minéraux non orientés (différence fondamentale avec les roches métamorphiques)." ou INTRUSIVES
(cristallisation par refroidissement lent) ;
- très rapidement, en épandant leurs laves à la surface du sol, ce
sont des ROCHES VOLCANIQUES"Les roches volcaniques se forment lors du refroidissement rapide d'un magma arrivé en surface de la croûte terrestre. On les appelle aussi roches extrusives ou roches effusives." (cristallisation perturbée par
refroidissement rapide).
La "couverture sédimentaire" des massifs
cristallins, est formée, quant à elle, de sédiments datant du Mésozoïque"Du grec « mésos », « au milieu », et « zôikós », « être vivant », le Mésozoïque (entre -252 et -66 Ma), ancienne "Ère Secondaire", est littéralement la « vie au milieu », comparativement à la « vie ancienne » du Paléozoïque (Ère Primaire) et à la « vie récente » du Cénozoïque (Ère Tertiaire). C’est typiquement "l’Ère des Dinosaures"."
(anciennement nommé Ère
Secondaire) et du Cénozoïque"Du grec « kainós », récent, et « zôikós », et « d’animal », « être vivant », le Cénozoïque (entre -66 Ma et actuel) est étymologiquement l’Ère des « êtres vivants récents », par opposition l'Ère Paléozoïque, « Ère des êtres vivants anciens » (entre -541 à -252 Ma). Le Cénozoïque comprend les anciennes Ères Tertiaire et Quaternaire."
(anciennement nommé Ère Tertiaire) (sédiments non métamorphisés, par
définition). (En
savoir plus)
Ainsi le
massif des Écrins - Pelvoux (4 102 m) fait
partie des principaux
massifs cristallins"Les massifs cristallins sont formés d'un soubassement, le "socle cristallin", surmonté d'une "couverture sédimentaire" (ou pas si cette dernière a disparu sous l'effet de l'érosion !).
Le "socle cristallin" des massifs cristallins, est formé d'un assemblage de cristaux (d'où le terme "cristallin"). Les minéraux qui y sont cristallisés ne se forment que dans les profondeurs de la croûte terrestre, dans des conditions de températures et de pressions considérablement élevées. Les roches qui forment ce "socle cristallin" ont deux origines :
- soit elles proviennent de la croûte elle-même, d'où elles ont plongé en direction du manteau et ont ainsi subi un métamorphisme (cristallisation ou recristallisation À L'ÉTAT SOLIDE par métamorphisme); c'est le cas de la plupart des roches qui constituent ce socle, ce sont des roches métamorphiques;
- soit elles proviennent du manteau, d'où elles sont remontées :
- très lentement, sans atteindre la surface, sous la forme de plutons de granites; ce sont des roches plutoniques ou intrusives (cristallisation par refroidissement lent);
- très rapidement, en épandant leurs laves à la surface du sol, ce sont des roches volcaniques (cristallisation perturbée par refroidissement rapide).
La "couverture sédimentaire" des massifs cristallins, est formée, quant à elle, de sédiments datant de l'Ère Secondaire et de l'Ère Tertiaire (sédiments non métamorphisés, par définition)."
des Alpes externes, au même titre que le Mercantour, la
Chaîne de Belledonne
ou le Mont Blanc. C’est aussi le plus grand et le seul à présenter une
forme circulaire. Son "socle cristallin"Le "socle cristallin" des massifs cristallins, est formé d'un assemblage de cristaux (d'où le terme "cristallin"). Les minéraux qui y sont cristallisés ne se forment que dans les profondeurs de la croûte terrestre, dans des conditions de températures et de pressions considérablement élevées. Les roches qui forment ce "socle cristallin" ont deux origines :
- soit elles proviennent de la croûte elle-même, d'où elles ont plongé en direction du manteau et ont ainsi subi un métamorphisme (cristallisation ou recristallisation À L'ÉTAT SOLIDE par métamorphisme); c'est le cas de la plupart des roches qui constituent ce socle, ce sont des roches métamorphiques;
- soit elles proviennent du manteau, d'où elles sont remontées :
- très lentement, sans atteindre la surface, sous la forme de plutons de granites; ce sont des roches plutoniques ou intrusives (cristallisation par refroidissement lent);
- très rapidement, en épandant leurs laves à la surface du sol, ce sont des roches volcaniques (cristallisation perturbée par refroidissement rapide)."" comporte plusieurs types de
roches métamorphiques"Le métamorphisme (du grec metá, au-delà, après et morphế, forme) désigne
"l'ensemble des transformations subies par une roche (sédimentaire, magmatique ou métamorphique) sous l'effet de modifications des conditions de température, de pression, de la nature des fluides et, parfois, de la composition chimique de la roche. Ces transformations, qui peuvent être minéralogiques, texturales, chimiques ou encore structurales, amènent à une réorganisation des éléments dans la roche et à une recristallisation des minéraux à l'état solide."
Christian Nicollet (2010) « Métamorphisme et géodynamique », Paris, Dunod, coll. « Sciences Sup», février 2010.
Les minéraux, nouvellement formés, s’orientent en fonction des contraintes imposées par la température et la pression élevées, ce qui confère à la roche une disposition en feuillets juxtaposés caractéristiques.
Les roches métamorphiques présentent ainsi une texture orientée dans le sens du feuilletage due à la recristallisation (apparition de minéraux nouveaux dits minéraux de métamorphisme). Cette texture orientée n'existe pas dans les roches plutoniques.",
une seule sorte de
roche intrusive ou plutonique"Du nom du dieu des Enfers, dans la mythologie grecque, le pluton est le devenir d'un magma piégé dans les profondeurs de la croûte terrestre, alors même qu'il montait vers la surface, à travers les roches qui le recouvrait. Ce magma a subit un refroidissement lent conduisant à la formation de granite, type même de la roche "intrusive". Les plutons n'apparaissent en surface que suite à des processus d'érosion : ils forment alors des massifs en coupole, constitués de granite."
(granite"De l'italien granito, « qui a une structure granuleuse », les granites sont des roches claires, en général, se caractérisant chimiquement par une relative pauvreté en calcium et magnésium et une richesse en silice. Type même de la roche intrusive ou plutonique, les granites sont composés de minéraux de quartz (silice pure), de feldspaths (silice et alumine) et de micas (Biotite, couleur noir ou Muscovite, couleur blanche).")
et quelques roches volcaniques"Les roches volcaniques se forment lors du refroidissement rapide d'un magma arrivé en surface de la croûte terrestre. On les appelle aussi roches extrusives ou roches effusives.". Les
roches métamorphiques"Le métamorphisme (du grec metá, au-delà, après et morphế, forme) désigne
"l'ensemble des transformations subies par une roche (sédimentaire, magmatique ou métamorphique) sous l'effet de modifications des conditions de température, de pression, de la nature des fluides et, parfois, de la composition chimique de la roche. Ces transformations, qui peuvent être minéralogiques, texturales, chimiques ou encore structurales, amènent à une réorganisation des éléments dans la roche et à une recristallisation des minéraux à l'état solide."
Christian Nicollet (2010) « Métamorphisme et géodynamique », Paris, Dunod, coll. « Sciences Sup », février 2010.
Les minéraux, nouvellement formés, s’orientent en fonction des contraintes imposées par la température et la pression élevées, ce qui confère à la roche une disposition en feuillets juxtaposés caractéristiques.
Les roches métamorphiques présentent ainsi une texture orientée dans le sens du feuilletage due à la recristallisation (apparition de minéraux nouveaux dits minéraux de métamorphisme). Cette texture orientée n'existe pas dans les roches plutoniques.", qui
constituent la majeure partie du "socle cristallin", se sont formées par
recristallisation lors de l’apparition de montagnes à
l’Ère Primaire (Hercynien"Hercynien (du latin Hercynia silva, forêt hercynienne, qui s'étendait sur l'Allemagne centrale) désigne les reliefs formés en Europe occidentale durant la période géologique d'orogenèse de même nom. Pendant cette période, qui s'est étalée du Dévonien (-400 millions d'années) au Permien (-245 millions d'années), trois masses continentales se sont rapprochées, puis chevauchées pour former le supercontinent Pangée. Cette collision continentale est à l'origine de la surrection de plusieurs massifs européens nommés chaîne hercynienne ou chaîne varisque.").
Les plutons"Du nom du dieu des Enfers, dans la mythologie grecque, le pluton est le devenir d'un magma piégé dans les profondeurs de la croûte terrestre, alors même qu'il montait vers la surface, à travers les roches qui le recouvrait. Ce magma a subit un refroidissement lent conduisant à la formation de granite, type même de la roche "intrusive". Les plutons n'apparaissent en surface que suite à des processus d'érosion : ils forment alors des massifs en coupole, constitués de granite." de granite"De l'italien granito, « qui a une structure granuleuse », les granites sont des roches claires, en général, se caractérisant chimiquement par une relative pauvreté en calcium et magnésium et une richesse en silice. Type même de la roche intrusive ou plutonique, les granites sont composés de minéraux de quartz (silice pure), de feldspaths (silice et alumine) et de micas (Biotite, couleur noir ou Muscovite, couleur blanche)." se sont eux aussi formés durant l'orogénèse"L'orogénèse (grec oros, « montagne » et genesis, « naissance ») désigne l'ensemble des processus géodynamiques par lesquels se constituent les chaînes de montagnes."
hercynienne. L'ensemble du socle a été soulevé
lors de la surrection des Alpes, il y a 40 millions d’années. Le massif des
Écrins héberge également des
terrains sédimentaires"La "couverture sédimentaire" des massifs cristallins, est formée, quant à elle, de sédiments datant de l'Ère Secondaire et de l'Ère Tertiaire (sédiments non métamorphisés, par définition).". (En savoir plus)
(Carte
géologique du massif des Écrins - Pelvoux par le Pr GIDON)
Le Vallon de la
Muzelle suit une bande de
terrains sédimentaires"La "couverture sédimentaire" des massifs cristallins, est formée, quant à elle, de sédiments datant de l'Ère Secondaire et de l'Ère Tertiaire (sédiments non métamorphisés, par définition)."
bordée sur ces deux flancs par le
socle cristallin"Le "socle cristallin" des massifs cristallins, est formé d'un assemblage de cristaux (d'où le terme "cristallin"). Les minéraux qui y sont cristallisés ne se forment que dans les profondeurs de la croûte terrestre, dans des conditions de températures et de pressions considérablement élevées. Les roches qui forment ce "socle cristallin" ont deux origines :
- soit elles proviennent de la croûte elle-même, d'où elles ont plongé en direction du manteau et ont ainsi subi un métamorphisme (cristallisation ou recristallisation À L'ÉTAT SOLIDE par métamorphisme); c'est le cas de la plupart des roches qui constituent ce socle, ce sont des roches métamorphiques;
- soit elles proviennent du manteau, d'où elles sont remontées :
- très lentement, sans atteindre la surface, sous la forme de plutons de granites; ce sont des roches plutoniques ou intrusives (cristallisation par refroidissement lent);
- très rapidement, en épandant leurs laves à la surface du sol, ce sont des roches volcaniques (cristallisation perturbée par refroidissement rapide).".
Ainsi le lac de la Muzelle (2 105 m) se situe dans un environnement de
roches sédimentaires"Les roches sédimentaires proviennent de l'accumulation de sédiments qui se déposent le plus souvent en couches ou lits superposés, appelés strates."
où des
cargneules (calcaires"Du latin «calcarius», calcaire, chaux, les calcaires sont des roches sédimentaires, tout comme les grès ou les gypses, facilement solubles dans l'eau, composées majoritairement de carbonate de calcium CaCO3."
du Jurassique"Le Jurassique (entre -201 et -145 Ma) est une Période géologique du Mésozoïque ou Ère Secondaire qui doit son nom au Jura où des calcaires caractéristiques ont été trouvés.
Le système jurassique se subdivise en trois séries géologiques :
- Jurassique inférieur ou Lias,
- Jurassique moyen ou Dogger,
- Jurassique supérieur ou Malm." inférieur [Lias : entre -201
et -174 Ma]) affleurent sur la rive NORD-OUEST [avec des formations
caractérisées "Roche Percée" (voir
ici, ici et
là), "Cheminées de fée" (voir ici)], tandis que des
schistes"La
schistosité est la texture feuilletée caractéristique, formée par une
succession de plaques très fines, que prennent les roches après avoir
subit un métamorphisme." tendres du Lias supérieur constituent les autres
rives
et la cuvette même du lac. (Lias
supérieur : entre -191 et -174 millions d'années). Tous les versants aux
alentours du lac sont formés par des
gneiss"Le nom de cette roche provient du langage des mineurs de l’Erzgebirge
en Allemagne : le terme « gneiss » provient de l’allemand « gneis, gneisig », « dur, ferme ». De même composition minérale que les granites (quartz, feldspaths, mica), les gneiss sont des roches métamorphiques qui dérivent pour la plupart d'anciennes roches sédimentaires ou métamorphiques, pauvres en calcium et magnésium (marnes ou grès, laves variées, plutons de granite). Les paragneiss proviennent d’un métasédiment et les orthogneiss, d’un métagranite. Roches très fortement recristallisées, les gneiss sont très résistants à l'érosion." du socle cristallin. (5)
(6)
(10)
(3)
La présence
du lac de la Muzelle est due à un
surcreusement glaciaire"Le creusement érosif dû à la glace laisse une cavité plus profonde que s’il avait été causé par de l’eau liquide : c'est la raison pour laquelle on parle de surcreusement.",
barré par un
verrou"Un verrou est un ressaut qui marque l'endroit où le glacier a moins profondément affouillé qu'à l'aval et à l'amont. Souvent constitué de roches plus dures, il forme ainsi un point haut où la vallée est plus étroite : c'est un barrage." rocheux
au NORD. (Le creusement érosif dû à la glace laisse
une cavité plus profonde [on parle de surcreusement] que s’il avait été
causé par de l’eau liquide). Lorsqu’un
verrou"Un verrou est un ressaut qui marque l'endroit où le glacier a moins profondément affouillé qu'à l'aval et à l'amont. Souvent constitué de roches plus dures, il forme ainsi un point haut où la vallée est plus étroite : c'est un barrage.", constitué par des roches
plus dures, plus résistantes à l’abrasion, tend à bloquer l’écoulement
d’un glacier, la glace qui continue à s’accumuler en amont, creuse,
affouille"Du latin «fodiculare», fouir, creuser, affouiller signifie attaquer en creusant et comme en fouillant le sol ou la base d'une roche, en parlant de l'action de l'eau et/ou de la glace.", érode dans les roches les plus tendres. Les débris rocheux
dus à l’érosion sont évacués en remontant la pente dans le sens de
l’écoulement du glacier. Une dépression se forme dans la zone
SUR-creusée : on la nomme
OMBILIC GLACIAIRE"L'ombilic pour la zone déprimée, surcreusée, situé en amont du verrou glaciaire. Après le retrait du glacier, cette dépression est généralement occupée par un lac.". Le barrage naturel, qui est
à l’origine de la formation de cet ombilic, porte quant à lui le nom de
VERROU GLACIAIRE"Un verrou est un ressaut qui marque l'endroit où le glacier a moins profondément affouillé qu'à l'aval et à l'amont. Souvent constitué de roches plus dures, il forme ainsi un point haut où la vallée est plus étroite : c'est un barrage.".
Lorsque le glacier fond, un lac occupe l’ombilic avant d’être comblé par
des alluvions. La présence d’un torrent accompagné d’un delta dans la
partie SUD du lac de la Muzelle démontre un apport sédimentaire
important et toujours actif actuellement (11) : une
tourbière envahie partiellement le lac, qui à terme, disparaîtra.
Le lac de la Muzelle possède un exutoire dans sa partie OUEST : le ruisseau des Cabanes, qui rejoint le Vénéon au niveau de la commune de Vénosc.
Le site du lac de la Muzelle offre la possibilité de découvrir, en outre, 2 formations très intéressantes :
une impressionnante faille normale , au NORD-OUEST, noté "Combe de Ser
Barbier" et une tourbière d'altitude, parsemée de petites excavations,
au NORD, noté "les Tourbières".
Au NORD et sur le versant EST du col du Vallon, la faille de Ser Barbier, remarquable par sa longueur, spectaculaire par sa planéité et aussi par le fait qu'elle soit bien dégagée par l'érosion, sépare le socle cristallin"Le "socle cristallin" des massifs cristallins, est formé d'un assemblage de cristaux (d'où le terme "cristallin"). Les minéraux qui y sont cristallisés ne se forment que dans les profondeurs de la croûte terrestre, dans des conditions de températures et de pressions considérablement élevées. Les roches qui forment ce "socle cristallin" ont deux origines :
- soit elles proviennent de la croûte elle-même, d'où elles ont plongé en direction du manteau et ont ainsi subi un métamorphisme (cristallisation ou recristallisation À L'ÉTAT SOLIDE par métamorphisme); c'est le cas de la plupart des roches qui constituent ce socle, ce sont des roches métamorphiques;
- soit elles proviennent du manteau, d'où elles sont remontées :
- très lentement, sans atteindre la surface, sous la forme de plutons de granites; ce sont des roches plutoniques ou intrusives (cristallisation par refroidissement lent);
- très rapidement, en épandant leurs laves à la surface du sol, ce sont des roches volcaniques (cristallisation perturbée par refroidissement rapide)." (gneiss"Le nom de cette roche provient du langage des mineurs de l’Erzgebirge
en Allemagne : le terme « gneiss » provient de l’allemand « gneis, gneisig », « dur, ferme ». De même composition minérale que les granites (quartz, feldspaths, mica), les gneiss sont des roches métamorphiques qui dérivent pour la plupart d'anciennes roches sédimentaires ou métamorphiques, pauvres en calcium et magnésium (marnes ou grès, laves variées, plutons de granite). Les paragneiss proviennent d’un métasédiment et les orthogneiss, d’un métagranite. Roches très fortement recristallisées, les gneiss sont très résistants à l'érosion.") (à droite, au NORD de la faille) et le sédimentaire"La "couverture sédimentaire" des massifs cristallins, est formée, quant à elle, de sédiments datant de l'Ère Secondaire et de l'Ère Tertiaire (sédiments non métamorphisés, par définition)." (Lias schisteux [Jurassique inférieur : entre -201 et -175 millions d'années]) (à gauche, au SUD de la faille). Cette faille normale (faille
extensive) s'est formée précocement au Lias et a commencé à être fossilisée par les derniers dépôts du Lias calcaire. Elle a fonctionné encore pendant le Lias moyen et sans doute supérieur. Cette faille délimite un paléograben maintenant fortement basculé vers l'EST. Ce graben"De l'allemand Graben, « fossé », un graben est un fossé d'effondrement, bordé de 2 failles normales. Il est apparu au tout début du Jurassique (-200 millions d'années), lorsque la croûte terrestre continentale a subi une extension tout en s'enfonçant.", après son ouverture, a joué le rôle de piège à sédiments pour les éboulements et glissement synsédimentaires qui se détachaient de ses pentes abruptes.
(Plus de photographies) (1)
(Voir Faille d'Ornon)

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La combe de Ser Barbier, au centre, sépare le sédimentaire du socle
cristallin.
Vue depuis la Tourbière de la Muzelle (2141m).
(Plus de photographies)
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La Combe de Ser Barbier est une faille normale, témoin de l'extension de la croûte terrestre au Jurassique inférieur [entre -201 et -175 Ma].
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La
tourbière de
la Muzelle (Latitude : 44° 57' 20' N ;
Longitude : 6° 5' 57" E ;
Altitude : 2 141 m),
située sur
le replat nommé "les Tourbières" (carte IGN), 350 m avant d'arriver
au Refuge communal de la Muzelle (2 115 m) quand on monte depuis
le Bourg-d'Arud (935 m), est parsemée de petites
excavations de formes géométriques. Ces cavités ont été creusées par des
bergers qui extrayaient ainsi la tourbe"Du germanique turba « touffe d’herbe », la tourbe (Torf en allemand) est une roche sédimentaire datant de l’époque Quaternaire ou actuelle. Spongieuse et légère (densité <1), cette roche carbonée (60% de carbone) laisse toujours apparaître des débris végétaux reconnaissables.",
roche carbonée, pour l'utiliser comme combustible de chauffage. En
effet, même si le pouvoir calorique de la tourbe est faible par rapport
à celui du charbon (deux tiers environ) ou également du bois, sa
combustion lente fournit une chaleur continue, un peu à la façon de la
braise (9).
Il n'est pas rare, en
haute montagne, d'observer ces traces anthropiques"Du grec anthrôpikós « humain »." anciennes : mares,
trous de faible taille répartis un peu au hasard (9).
(Plus de photographies de la tourbière)
La tourbière occupe une dépression creusée au cours du Quaternaire"Depuis 2009, le Quaternaire (entre -2,59 Ma et maintenant) n’est plus une Ère : il est devenu une période du Cénozoïque. Cette période se caractérise par des glaciations et l'extension du genre Homo en Eurasie." par le glacier de la Muzelle, lorsque celui-ci s’étendait plus en aval dans la vallée de la Pisse. Après le retrait de
l'appareil glaciaire, ce creux s’est progressivement comblé par l’accumulation de sédiments et de matière organique, donnant naissance à la tourbière. Aujourd’hui, ce milieu naturel fragile est protégé du pâturage des moutons
par un enclos afin d’en préserver les caractéristiques écologiques.
La tourbière se trouve également sur un ancien itinéraire de passage vers le col de la Muzelle. Depuis des temps anciens, ce passage permettait aux habitants de l’Oisans de circuler entre le Valsenestre et le Valjouffrey, dans la vallée de la Bonne et la vallée du Vénéon. L’ancienneté de ces échanges est notamment attestée par les sources historiques (Guillemin, 1886 ; anonyme, 1879). La fréquentation humaine du site était aussi liée aux activités pastorales : les pâturages environnants étaient traditionnellement loués à des bergers venus de Provence, qui y conduisaient leurs troupeaux durant la saison estivale. La présence d’une ancienne bergerie à proximité du lac témoigne encore de cet usage de la montagne.
(2)
Selon Couteaux (2), la tourbière de la Muzelle semble avoir été le dernier site d’exploitation contemporain de la tourbe en Oisans. Ces creusements témoignent ainsi d’une pratique traditionnelle aujourd’hui révolue, qui illustre la manière dont les populations montagnardes utilisaient les ressources disponibles dans leur environnement.
(2)
Au-delà de son intérêt historique, la tourbière de la Muzelle constitue une archive naturelle exceptionnelle. Les recherches qui y ont été menées ont permis de retracer environ 14 000 ans d’histoire de la végétation régionale (2). En effet, la tourbe se forme progressivement par accumulation de débris végétaux dont la décomposition reste incomplète en raison des conditions particulières du milieu, notamment l’engorgement en eau et le manque d’oxygène. Au fil du temps, les couches successives s’accumulent et enfouissent les plus anciennes, conservant ainsi des indices précieux sur les paysages et les conditions environnementales du passé.
Des sondages réalisés en 1981 ont permis de préciser la structure et la profondeur des dépôts de la tourbière. L’épaisseur maximale des sédiments meubles atteint ainsi 7,36 m (2). L’étude de ces dépôts permet de reconstituer les grandes étapes de l’évolution du milieu montagnard, notamment l’installation successive des formations forestières
(limites supérieures de la forêt) et les variations de l’altitude des étages de végétation en réponse aux changements climatiques. Elle permet également de repérer
les anciens fronts glaciaires du glacier de la Muzelle. Enfin, ces recherches ont contribué à dater un important complexe morainique, une première dans les Alpes françaises selon Couteaux
(2).
Les tourbières anciennes présentent également un intérêt majeur pour l’étude des paléoclimats, c’est-à-dire des climats du passé. En plus de leur capacité à stocker durablement du carbone atmosphérique sous forme de matière organique, elles conservent des indices biologiques et environnementaux qui permettent de retracer les transformations des écosystèmes"Un écosystème est l'ensemble formé par les facteurs physico-chimiques (abiotiques) et la communauté des espèces (facteurs biotiques) d'une aire donnée." sur de longues périodes. Pour les étudier, les scientifiques réalisent des forages afin de prélever des échantillons à différentes profondeurs. Ils analysent notamment les grains de pollen conservés dans les différentes couches
de tourbe, appelées horizons"On appelle « horizon pédologique », ou « horizon d'un sol », la couche de sol homogène et sensiblement parallèle à la surface, constituée de plusieurs strates (ou couches) de natures et épaisseurs différentes.
Dans les tourbières, les horizons se composent essentiellement de matière organique gorgée en eau. On parle alors d'histosol, du grec histós « trame, tissu » et du latin solum « fondement, base ».". Comme les caractéristiques des pollens permettent souvent d’identifier les plantes dont ils proviennent, leur comparaison d’une couche à l’autre aide à reconstituer l’évolution de la végétation et à mieux comprendre les conditions climatiques anciennes (12).
Cette étude des pollens porte le nom de palynologie"Du grec « palunein, palúnō, palynein », « répandre de la farine, répandre de la poudre, couvrir de poudre, et par
extension répandre de la poussière de pollen » et « logos », discours, la palynologie
désigne l'ensemble des recherches qui ont pour objet les spores et les
grains de pollen.".
La tourbière de la Muzelle constitue ainsi un patrimoine à la fois géologique, écologique et historique. Façonnée par les glaciers, marquée par les pratiques pastorales et étudiée pour les informations qu’elle conserve, elle témoigne des transformations de l’environnement alpin sur près de 14 000 ans. Sa préservation représente donc un enjeu important, tant pour la protection d’un milieu naturel fragile que pour la conservation d’une mémoire exceptionnelle de l’histoire de l’Oisans.

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Tourbière de la Muzelle (2141m).
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Les petites excavations visibles à la surface de la tourbière résultent de l’extraction de la tourbe par les bergers, qui utilisaient cette matière organique comme combustible pour se chauffer pendant leur séjour en altitude.
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(Plus de photographies de la tourbière)
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Carte géologique des alentours du lac
(13)
N°1
Jean-Claude BARFETY et Maurice GIDON (1980)
FONCTIONNEMENT SYNSÉDIMENTAIRE LIASIQUE D'ACCIDENTS DU SOCLE DANS LA PARTIE OCCIDENTALE DU MASSIF DU PELVOUX (RÉGION DE VENOSC, ISÈRE)
087 - Bulletin du B.R.G.M. (deuxième série) Section I, n° 1,
1980-1981 pp. 11-22, 6 fig.
http://www.geol-alp.com/publications/MG_articles-textes/81brgm_venosc.html
N°2
Michel COUTEAUX (1981)
INTÉRÊT HISTORIQUE ET SCIENTIFIQUE DE LA TOURBIÈRE DE LA MUZELLE
Proposition en vue de sa protection
Source : Archives Gérard DIONNET Archives départementales de l’Isère Ref. BIB_8o3118
Colloque de Chamonix 21/25 octobre 1981
N°3
Jacques DEBELMAS, Arnaud PÊCHER et Jean-Claude BARFÉTY (2002)
Découverte de la géologie du Parc National des Écrins
Éditions du BRGM
N°4 d’après le site GEOL-ALP
www.geol-alp.com de Maurice GIDON, Copyright ©
N°5 d’après le site GEOL-ALP
www.geol-alp.com de Maurice GIDON, Copyright ©
N°6 d’après le site GEOL-ALP
www.geol-alp.com de Maurice GIDON, Copyright ©
N°7 d’après le site GEOL-ALP
www.geol-alp.com de Maurice GIDON, Copyright ©
N°8 d’après le site GEOL-ALP
www.geol-alp.com de Maurice GIDON, Copyright ©
N°9 MANNEVILLE Olivier et coll (2006)
Le monde des tourbières et des marais - France, Suisse, Belgique, Luxembourg
Éditions Delachaux et Niestlé
N°10 d’après le site GÉOLOGIE ET PATRIMOINE MATHEYSINE ET ALENTOURS
http://geologie-patrimoine-matheysine.fr de Maurice SÉCHIER
N°11
SMITH, D.G., JOL, H.M. (1997)
Radar structure of a Gilbert-type delta, Peyto Lake, Banff National Park, Canada
Sedimentary Geology 113, 195–209.
N°12
VIVIAN Robert (1979)
Les glaciers sont vivants
Éditions Denoël
www.persee.fr
N°13 d’après le site LACS SENTINELLES
www.lacs-sentinelles.org,
Copyright ©
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