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Joubarbe des toits |
et |
Joubarbe toile d'araignée |
Joubarbe (latin jovis, Jupiter et barba, barbe) signifie littéralement « barbe de Jupiter ». Cette dénomination est issue d'une ancienne croyance selon laquelle la plante éloignerait la foudre, attribut du dieu Jupiter. Les anciens plantaient des Barbes de Jupiter sur le toit des habitations et pensaient ainsi se protéger de la foudre. Les Joubarbes appartiennent au genre Sempervivum (latin semper, toujours et vivus, vivum, vivant). Ces plantes « toujours vivantes », rappellent que les plantes grasses, dont elles font partie, sont toujours vertes. L'espèce Sempervivum tectorum (latin, tectum, toit), désigne l'endroit où on la plantait. Étymologiquement, les Joubarbes des toits (Sempervivum tectorum) sont donc des plantes « toujours vivantes » que l'on plante sur les toits pour éloigner la foudre.
En nomenclature binominale, Sempervivum arachnoideum (du latin, arachnoideum, apparenté au latin araneus (« araignée »), et du grec armós (« assemblage »), et aussi árkus (« filet ») : toile d'Araignée. La Joubarbe toile
d'Araignée doit son nom aux "fils" reliant entre elles les pointes de
ses feuilles, formant des rosettes. Ces fils
sont formés par étirement de poils glanduleux et permettent la rétention d'eau pour les besoins de la plante.
Comme dans les déserts les plus arides où les plantes doivent limiter leur
déperdition d’eau, on trouve en montagne des plantes grasses (succulentes"Du latin suculentus « plein de suc », les plantes succulentes sont "pleines de suc" ce qui leur permet d'"attirer" l'eau et de la stocker.") comme
la Joubarbe. Ses feuilles et ses tiges crassulescentes"Du latin crassus « épais », crassulescent qualifie les végétaux qui ont des organes épais, charnus." retiennent l’eau et
limitent l’action du gel grâce à une très forte pression osmotique"Du grec ôsmos « poussée », la pression osmotique est la force déterminée par une différence de concentration entre deux solutions situées de part et d'autre d'une membrane semi perméable." (ou très
faible potentiel osmotique) (2) due à une forte teneur en glucides"sucres" (surtout du
saccharose) qui stabilise les colloïdes"Du grec kollôdês « collant » et eidos « aspect », un colloïde est un liquide "d'aspect collant". Nous rappelons ici que l’eau est une
substance
ubiquitaire"Du latin ubique « partout, en tout lieu », ubiquitaire qualifie ce qu'on rencontre de partout. L'eau est une molécule ubiquitaire." du monde vivant et une partie intégrante et indissociable
de la Vie. L’eau est le solvant du cytoplasme"Du grec kutos « cellule » et plásma « ce qui a la forme », le cytoplasme désigne l'ensemble du contenu de la cellule, hormis le noyau (et la membrane cellulaire, évidemment !)." et des organelles"Une organelle ou organite cellulaire désigne toutes les petites structures internes différenciées, délimitées par une membrane, présentes dans la cellule."
(ou organites"Une organelle ou organite cellulaire désigne toutes les petites structures internes différenciées, délimitées par une membrane, présentes dans la cellule."); toutes les
réactions biochimiques ont lieu dans l’eau.
L'osmose s’accompagne d’une diminution du point de congélation, d’une augmentation du point d’ébullition et d’une diminution de la tension de vapeur"La tension de vapeur ou pression de vapeur saturante est liée à la tendance des molécules à passer de l'état liquide (ou solide) à l'état gazeux : une substance possédant une tension de vapeur élevée (vis-à-vis de la pression atmosphérique) à température ambiante est dite volatile.". La forte pression osmotique qui règne dans les cellules de Joubarbe est un élément important de leur capacité de résistance à la chaleur et à la froidure, mais il n’est pas le seul. En effet, les plantes succulentes"Du latin suculentus « plein de suc », les plantes succulentes sont "pleines de suc" ce qui leur permet d'"attirer" l'eau et de la stocker.", comme la Joubarbe, ne régissent pas leurs échanges gazeux comme les autres plantes. Leurs stomates"Du grec stoma « bouche », les stomates sont les "petites bouches", les pores par lesquelles s’effectuent les échanges gazeux des plantes." (grec stoma, bouche), c’est à dire les petites bouches, les pores par lesquelles s’effectuent les échanges gazeux des plantes, s’ouvrent pendant la nuit et se ferment durant le jour, à l’inverse de ce que font les autres plantes. La fermeture diurne des stomates"Du grec stoma « bouche », les stomates sont les "petites bouches", les pores par lesquelles s’effectuent les échanges gazeux des plantes." empêche la sortie d’eau et protège ainsi la Joubarbe de la déshydratation, ce qui permet à cette plante de prospérer dans les rocailles arides des montagnes. Mais cette fermeture empêche aussi l’entrée de dioxyde de carbone (CO2) nécessaire à la photosynthèse"La photosynthèse (du grec phōs « lumière » et sýnthesis « combinaison »), qui s'effectue chez les Végétaux, les Algues et certaines cellules Procaryotes, est la conversion de l'énergie lumineuse en énergie chimique. Cette dernière est emmagasinée dans des glucides et d'autres molécules organiques, avec accessoirement dégagement de dioxygène.". C’est donc la nuit que les stomates s’ouvrent et laissent pénétrer le CO2. Mais il n’y a pas de photosynthèse la nuit ! La Joubarbe stocke donc le CO2 sous forme d’acides organiques dans les vacuoles des cellules spécialisées pour la photosynthèse (cellules du mésophylle"Du grec mesos « au milieu » et phullon « feuille », le mésophylle est le tissus fondamental de la feuille, spécialisé dans la photosynthèse."), jusqu’au lever du soleil, moment où les stomates se referment et où les réactions photochimiques de la photosynthèse reprennent. Les acides organiques libèrent alors le CO2 qui entre ainsi dans la formation des glucides"sucres" dans les chloroplastes"Du grec khloros « vert » et plastos « façonné », les chloroplastes sont des organites verts, présents chez les Végétaux et certains Protistes, qui absorbent la lumière du soleil et l'utilisent pour synthétiser des composés organiques à partir du dioxyde de carbone et de l'eau.". Ce mécanisme intéressant, très particulier, a été découvert dans les plantes de la famille des Crassulacées, famille à laquelle appartient la Joubarbe. Ce mode de fixation du carbone porte le nom de CAM (Crassulacean Acide Metabolism) et on nomme les plantes dans lesquelles ce mécanisme a lieu, plantes de type CAM (1). Concrètement, l’eau contenue dans la Joubarbe ne s’évapore que très difficilement (d’où sa résistance à la chaleur) et ne peut congeler qu’à des températures bien inférieures à 0°C (d’où sa résistance au froid). Les plantes résistent au gel si elles sont
capables d’éviter la formation de cristaux de glace au sein des cellules qui les
constituent (4). Or les colloïdes"Du grec kollôdês « collant » et eidos « aspect », un colloïde est un liquide "d'aspect collant". De part sa résistance à la chaleur et à la froidure, la Joubarbe est parfaitement adaptée à la vie en altitude. Pour en savoir plus, consultez la bibliographie et la webographie qui suivent.
N°1
URRY Lisa, CAIN Michael, MINORSKY Peter, WASSERMAN Steven, REECE Jane
(2020)
N°2
FISCHESSER Bernard (2018)
N°3
LEPOIVRE Philippe (2003)
N°4 LEVITT J (1980)
N°1' Erick DRONNET, Belles Fleurs de France http://erick.dronnet.free.fr/belles_fleurs_de_france N°2' Franck LE DRIANT, FLOREALPES, http://www.florealpes.com |
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