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Lac d'Allos (2229m)

Alpes de Haute Provence

 

Latitude  44° 14' 01'' N
Longitude 6° 42' 32'' E
Altitude 2 229 m

 

Agrandir la carte IGN d’après le site GÉOPORTAIL https://www.geoportail.gouv.fr



 

Itinéraires d'accès au lac

PROMENADE TYPIQUEMENT FAMILIALE

      Le lac d'Allos (2 229 m) se situe dans les Alpes de Haute Provence, non loin du village d'Allos. Autrefois, une route carrossable emmenait les véhicules à un parking gratuit, au bord du lac... mais c'était avant ! ! Maintenant, le parking est payant. Il se situe à 2 km du lac et 150 m de dénivellation. Un "sentier d'interprétation" (sic) conduit les visiteurs, du parking à l'hôtel-refuge au bord du lac, en 45 min de marche tranquille (itinéraire pédestre n°1).

      L'accès en voiture jusqu'au départ du sentier qui conduit au lac se fait depuis Allos (accès routier n°1) ou Digne-les-Bains (accès routier n°2), par exemple.

      Voici les itinéraires de randonnée :

  N°1 d’après le site communautaire Bivouak.net www.bivouak.net, Copyright ©

  N°2 d’après le site participatif Altituderando www.altituderando.com, Copyright ©

 

  Contexte géologique du lac

      Avec une superficie de 54 ha et une profondeur de 48 m, le lac d'Allos (2 229 m) est le plus grand lac naturel d'altitude d’Europe. Sa cuvette a été creusée par un petit glacier très local, qui était blotti au pied NORD des falaises des Tours du Lac (2 745 m), au SUD du lac. Un verrou"Un verrou est un ressaut qui marque l'endroit où le glacier a moins profondément affouillé qu'à l'aval et à l'amont. Souvent constitué de roches plus dures, il forme ainsi un point haut où la vallée est plus étroite : c'est un barrage." rocheux non-étanche, composé de conglomérats"Du latin conglomerare « entasser, accumuler, réunir en masse compacte », un conglomérat est une "réunion en masse compacte" de cailloux. Il s'agit d'une roche sédimentaire détritique cimentée, constituée de l'accumulation de cailloux.
S'ils sont arrondis, le conglomérat est nommé poudingue;
s'ils sont anguleux, le conglomérat est appelé brèche."
, ferme la partie NORD du lac : une résurgence s’écoule vers le Plateau du Laus (2 125 m).

      La présence du lac d'Allos est due à un surcreusement glaciaire"Le creusement érosif dû à la glace laisse une cavité plus profonde que s’il avait été causé par de l’eau liquide : c'est la raison pour laquelle on parle de surcreusement.", barré par un verrou"Un verrou est un ressaut qui marque l'endroit où le glacier a moins profondément affouillé qu'à l'aval et à l'amont. Souvent constitué de roches plus dures, il forme ainsi un point haut où la vallée est plus étroite : c'est un barrage." rocheux. (Le creusement érosif dû à la glace laisse une cavité plus profonde [on parle de surcreusement] que s’il avait été causé par de l’eau liquide). Lorsqu’un verrou, constitué par des roches plus dures, plus résistantes à l’abrasion, tend à bloquer l’écoulement d’un glacier, la glace qui continue à s’accumuler en amont, creuse, affouille"Du latin «fodiculare», fouir, creuser, affouiller signifie attaquer en creusant et comme en fouillant le sol ou la base d'une roche, en parlant de l'action de l'eau et/ou de la glace.", érode dans les roches les plus tendres. Les débris rocheux dus à l’érosion sont évacués en remontant la pente dans le sens de l’écoulement du glacier. Une dépression se forme dans la zone SUR-creusée : on la nomme OMBILIC GLACIAIRE"L'ombilic pour la zone déprimée, surcreusée, situé en amont du verrou glaciaire. Après le retrait du glacier, cette dépression est généralement occupée par un lac.". Le barrage naturel, qui est à l’origine de la formation de cet ombilic, porte quant à lui le nom de VERROU GLACIAIRE"Un verrou est un ressaut qui marque l'endroit où le glacier a moins profondément affouillé qu'à l'aval et à l'amont. Souvent constitué de roches plus dures, il forme ainsi un point haut où la vallée est plus étroite : c'est un barrage.". Lorsque le glacier fond, un lac occupe l’ombilic avant d’être comblé par des alluvions.
 

  N°1 d’après le site GEOL-ALP www.geol-alp.com de Maurice GIDON, Copyright ©

  N°2 d’après le site http://jc.clariond.free.fr

 

  Contexte écologique du lac

      La profondeur maximale connue du lac d'Allos était de 45 m en 1983. (1)

      Situé sur la bordure EST du département des Alpes-de-Haute-Provence et au contact des deux petites régions naturelles de l'Ubaye et du Haut Verdon, le site où se trouve le lac d'Allos (2 229 m) et tous les versants qui l'entourent, est établi sur les communes d'Allos, Colmars et Uvernet-Fours.
Localisé dans la zone bio-géographique intra-alpine, cet espace naturel est soumis à un climat de haute montagne avec des contrastes thermiques accusés et un enneigement prolongé.
Il s'inscrit dans les étages de végétation subalpin supérieur, alpin et nival.

      Sa végétation est essentiellement composée de :
- prairies et landes subalpines,
- pelouses et rocailles alpines,
- formations rases des combes à neige,
- éboulis,
- escarpements rocheux.

      Les quatre habitats déterminants que compte le site sont :
- des bas-marais cryophiles d'altitude,
- des bords de sources et suintements,
- des bas-marais pionniers arctico-alpins,
- des pelouses,
- des éboulis calcaires fins.

      Parmi les espèces végétales quinze sont déterminantes :
- la Berce naine (Heracleum pumilum), petite Apiacée des éboulis calcaires alpins et subalpins,
- l'Androsace de Suisse (Androsace helvetica),
- l'Androsace pubescente (Androsace pubescens),
- le Saule à feuilles de myrte (Salix breviserrata),
- la Laîche bicolore (Carex bicolor), rare Cypéracée des marécages arctico-alpins froids d'altitude,
- l'Ancolie de Bertoloni (Aquilegia bertolonii),
- la Pyrole moyenne (Pyrola media),
- le Jonc arctique (Juncus arcticus), plante arctico-alpine rare des marécages et bords de ruisselets,
- le Dactylorhize couleur de sang (Dactylorhiza incarnata subsp. cruenta),
- le Sainfoin de Briançon (Hedysarum brigantiacum), Fabacée,
- l'Oréochlora fausse-seslérie (Oreochloa seslerioides),
- le Scirpe de Hudson (Trichophorum alpinum), rare Cypéracée des bas-marais arctico-alpins,
- le Pied-d'alouette douteux (Delphinium dubium), Renonculacée,
- la Potentille des neiges (Potentilla nivalis),
- la Joubarbe d'Allioni (Sempervivum globiferum subsp. allionii).

      Par ailleurs, le site abrite six espèces végétales remarquables :
- la Bérardie laineuse (Berardia subacaulis), Astéracée archaïque endémique"L'endémisme, du grec éndêmos, indigène, caractérise la présence naturelle d'un groupe biologique exclusivement dans une région géographique délimitée." des Alpes sud-occidentales typique des éboulis calcaires à éléments fins,
- la Primevère marginée (Primula marginata), spectaculaire Primulacée des parois calcaires,
- le Scirpe alpin (Trichophorum pumilum), rare Cypéracée circumboréale des bas-marais froids d'altitude,
- la Minuartie des rochers (Minuartia rupestris subsp. rupestris), Caryophyllacée protégée au niveau régional,
- le Genépi noir (Artemisia genipi),
- le Sainfoin de Boutigny (Hedysarum hedysaroides subsp. boutignyanum).

      Parmi les Mammifères de ce site se trouvent :
- le Mulot alpestre (Apodemus alpicola), espèce déterminante de Rongeur des boisements de montagne,
- le Bouquetin des Alpes (Capra ibex), Ongulé alpin déterminant,
- le Lièvre variable (Lepus timidus), Lagomorphe remarquable, relique de l'époque glaciaire, fréquentant des milieux assez variés (alpages, éboulis, landes, forêts, pelouses, champs, cultures, friches) entre 1 200 et 3 100 m d'altitude.

      Parmi les Oiseaux nicheurs de ce site se trouvent :
- la Chouette de Tengmalm (Aegolius funereus), Strigiforme déterminant qui peuple les boisements frais,
- le Circaète Jean-le-blanc (Circaetus gallicus),
- le Tétras lyre (Tetrao tetrix),
- le Lagopède alpin (Lagopus mutus), Galliforme remarquable, menacé et en régression, d'origine Arctique, relique de l'époque glaciaire dans les Alpes, qui occupe les reliefs de croupes et de crêtes, fréquemment déneigées et balayées par le vent,
- la Perdrix bartavelle (Alectoris graeca), Galliforme méridional de montagne recherchant les versants ouverts et ensoleillés avec des barres rocheuses entre 1 400 et 2 400 m d'altitude,
- le Tichodrome échelette (Tichodroma muraria),
- le Cincle plongeur (Cinclus cinclus),
- la Niverolle alpine (Montifringilla nivalis), Passereau remarquable, caractéristique des pelouses avec escarpements rocheux des étages alpin et subnival,
- le Monticole de roche (Monticola saxatilis),
- le Crave à bec rouge (Pyrrhocorax pyrrhocorax),
- le Sizerin flammé (Carduelis flammea),
- le Venturon montagnard (Carduelis citrinella),
- le Bruant fou (Emberiza cia),
- le Bruant ortolan (Emberiza hortulana).

      Le peuplement ichtyologique (Poissons) est caractérisé par la présence de l'Omble chevalier (Salvelinus alpinus), Salmonidé remarquable, autochtone des lacs Léman et du Bourget, introduit à la fin du XIXème siècle dans certains lacs d'altitude du Haut Dauphiné. Ce Poisson est typique des lacs profonds et froids aux eaux propres et bien oxygénées, possédant des fonds graveleux. L'Omble chevalier est sensible à la pollution.

      Parmi les Insectes du site se trouvent deux Hyménoptères déterminants :
- le Bourdon Bombus brodmannicus delmasi, sous-espèce endémique des Alpes du sud qui fréquente les pentes fleuries ensoleillées, riches en Mélinets (Cerinthe glabra) et (Cerinthe minor), et dont la sous-espèce nominale ne se trouve qu'au Caucase,
- le Bourdon Bombus gerstaeckeri, espèce montagnarde d'Hyménoptères Apidés, rare et très localisée en France aux Pyrénées et aux Alpes du sud où elle se trouve en limite de son aire de répartition.

      Parmi les Insectes Lépidoptères (Papillons) se trouvent sur le site :
- le Moiré piémontais (Erebia aethiopella), espèce déterminante endémique"L'endémisme, du grec éndêmos, indigène, caractérise la présence naturelle d'un groupe biologique exclusivement dans une région géographique délimitée." franco-italienne, cantonnée aux Alpes occidentales, inféodée aux pelouses alpines sèches à Fétuque paniculée (Festuca paniculata),
- le Nacré des Balkans (Boloria graeca), espèce déterminante à distribution fractionnée, dans les Balkans et les Alpes occidentales (sous-espèce tendensis), localement dans les pelouses subalpines à Violette éperonnée (Viola calcarata),
- l'Hespérie rhétique (Pyrgus warrenensis), espèce déterminante très rare et localisée, endémique des Alpes, occupant certaines pelouses subalpines et alpines,
- l'Hespérie du pas-d'âne (Pyrgus cacaliae), espèce remarquable dont la répartition est limitée aux Alpes avec deux isolats"En biologie, l'isolat désigne une entité, une espèce complètement isolée, au sein de laquelle n'existe aucun échange génétique avec le reste du monde, et qui se trouve être ainsi menacée par son confinement. en Bulgarie et Roumanie, liée à des Potentilles,
- le Petit Apollon (Parnassius sacerdos sacerdos), espèce remarquable et protégée en France, qui fréquente les bords des torrents et autres zones humides des étages subalpin et alpin, dont la chenille est inféodée au Saxifrage aïzoïde (Saxifraga aizoides),
- l'Apollon (Parnassius apollo), espèce protégée au niveau européen, habitant les rocailles, pelouses et éboulis à Crassulacées et Saxifragacées entre 500 et 2 500 m d'altitude,
- la Piéride de la roquette (Euchloe simplonia), espèce remarquable à aire disjointe des Alpes occidentales, inféodée aux pelouses subalpines où croissent ses plantes hôtes (Biscutella laevigata et Sisymbrium ssp.),
- le Céphalion (Coenonympha darwiniana), espèce remarquable endémique du centre et de l'ouest des Alpes, à aire de répartition disjointe, inféodée aux pelouses et fourrés de l'étage subalpin.

      Parmi les Insectes Orthoptères (Criquets, Sauterelles) se trouvent sur le site :
- le Gomphocère des moraines (Aeropedellus variegatus), espèce remarquable de Criquet endémique des Alpes, qui colonise les pelouses alpines à haute altitude,
- le Criquet de la Bastide (Chorthippus binotatus daimei), sous-espèce remarquable endémique de Haute-Provence et des Préalpes du sud, peuplant les landes et pelouses des versants montagneux.

(En savoir plus)

      Inventaire de la faune et de la flore: INPN

      Comment le paysage a-t'il évolué au cours du temps ? Voir ici et .
 

  N°1 Edouard Jean-Louis (1983).
Les lacs des Alpes françaises. In: Revue de géographie alpine. 1983, Tome 71 N°4. pp. 381-397.
d'après le site Persée : Portail de revues en sciences humaines et sociales
www.persee.fr ,
Copyright ©

  N°2 d’après le site INPN - Inventaire National du Patrimoine Naturel inpn.mnhn.fr, Copyright ©

  N°3 d’après le site IMBE - Institut Méditerranéen de Biodiversité et d'Écologie marine et continentale www.imbe.fr, Copyright ©

 

 

Photo n°19930802
Lac d'Allos (2229m) (Alpes de Haute Provence)
Cliché Serge SOYEZ
Copyright Reproduction interdite sans autorisation
Vue direction Sud-Est

Photo n°19930801
Lac d'Allos (2229m) (Alpes de Haute Provence)
Cliché Serge SOYEZ
Copyright Reproduction interdite sans autorisation
Vue direction Sud-Est

 

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